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Novae, 24
(5/3/8/3) Dédicace à la triade capitoline par C. Staboratius, ancien bénéficiaire

Site (nom antique): Novae  Site (nom moderne) : Svištov.

Province romaine: Thr.

Localisation: Bulgarie / Veliko Tarnovo / Svištov.

Support: Plaque.

Matériau: Calcaire (pierre de Hotnitza).

Ornement(s): Décor complexe , Figure humaine , Divinité.

Décor: Sous une arcature soutenue par deux colonnes ioniques, trois divinités debout. Jupiter, au centre, drapé, tient le sceptre à main gauche et à main droite, une patère au-dessus d'un autel allumé. Malgré la schématisation, on reconnaît les traits du visage de Septime Sévère aux courts cheveux bouclés et à la courte barbe. A droite de Jupiter, se tient Junon voilée, tenant un sceptre à main gauche et à main droite, une patère au-dessus d'un autel. A gauche de Jupiter, Minerve, coiffée d'un casque à cimier, tient une lance à main gauche et appuie sa main droite sur un bouclier ovale à umbo.

Lieu de découverte: Novae.

Conditions de découverte: Novae ouest, secteur IV, carré II 320. En 1960, en remploi dans la paroi extérieure sud d'un bâtiment tardif remplaçant un édifice à portique des IVe-Ve s., qui lui-même était construit à l'emplacement du valetudinarium de la Ière légion Italica.

Lieu de conservation: Veliko Tarnovo.

Institution de conservation: Musée.

Dimensions: 94/83/15.

Description du champ épigraphique: Le champ épigraphique est partagé en deux parties : la l.1 court sur le bandeau surmontant les divinités. Le reste du texte est inscrit dans le bas de la plaque, à l'intérieur d'une tabula ansata.Dimensions: 13/55.

Datation du texte: 205/211.

Justificatif datation: L'interprétation de la scène centrale et la vogue du thème de la Concorde dans la deuxième moitié du règne de Septime Sévère.

Style écriture: A la l. 1, les deux dernières lettres sont plus petites en raison du manque de place ; l. 4, le vide entre Consacranis et Iovianorum est destiné à mettre en valeur le nom du collège qui, ainsi, occupe toute une ligne de l'inscription. On remarque aussi l. 2 la forme du G de Reg, issue de l'écriture cursive, et, l. 4, une erreur du lapicide qui a interverti deux lettres dans le mot honore. Ligature NF dans BNF (l. 3).

Éd. AE, 1964, 180bis ; Kolendo & Sultov 1987, p. 369-379, Kolendo/Sultov donnent la liste des mentions des premières lignes de l'inscription faites dans divers travaux, dont AE, 1964 n° 180 bis, d'après Klio, 39, 1961 (1962), p. 319 (seulement le début de l'inscription). ; Mikocki 1988, p. 338, 389, pl. XIX ; ILBulg, 273 ; Kolendo 1994, p. 126, photo d'estampage ; ILNovae, 12, J. Kolendo ; Schallmayer 1990, p. 503sq., 653 (AE, 1991, 1370) ; Krolczyk 1994, p. 54, 1 ; Mikocki 1995, p. 212, 423, pl. XIX ; Novae, 24, photos du support et de l'estampage pl. 8.

Hauteur min. lettres: 1,9. Hauteur max. lettres: 2,2.

Texte :

CONCORDIA CONSACRANIS
I O M ET IVNONI REG ET MINERVAẸ
C STABORATIVS VET▴EX▴B⁽ṆF⁾▴C̣
CONSACRANIS IOVIANORVM
OB OHNORE =NOREINMVNITATIS EIVS DỌ
NVM DEDIT

Concordia Consacranis,
I(oui) O(ptimo) M(aximo) et Iunoni Reg(inae) et Mineruaẹ,
C(aius) Staboratius, uet(eranus), ex b(e)⁽ṇ(e)f⁾(iciario) c̣(onsulari),
Consacranis Iouianorum
ob ohnore =<ho>nore inmunitatis eius dọ-
num dedit

Type de texte: Dédicace

Traduction: Concorde pour la confrérie [des dévots de Jupiter]. A Jupiter Très Bon et Très Grand, et à Junon Reine et à Minerve, Caius Staboratius, vétéran, ancien bénéficiaire du consulaire (?), pour l'immunité dont ils l'ont honoré, a fait un don aux membres de la confrérie des dévots du culte de Jupiter.

Apparat critique: B. Gerov donne une lecture différente du texte : I(ovi) o(ptimo) m(aximo) et Iunoni reg(inae) et Mine[rva]e / C(aius) Staboratius vet(eranus) ex b(e)n(e)f(iciario) c[o(n)sulari] / consacranis Iovianor(um) / ob ohnore (sic !) inmunitatis eius[d](em) / num(inibus) de[orum ?] ou de [suo], ou de[dit]. L. 3 : la lecture des dernières lettres n'est pas sûre. La première haste de la lettre N pourrait aussi être lu comme un L. L. 5-6 : J. Kolendo, B. Sultov : DC num(um) dedit ; E. Schallmayer : eiu[s do]num dedit.

Remarques : L'abréviation de la fonction du bénéficiaire n'est pas claire (voir apparat critique) : BNF C = b(e)n(e)f(iciarius) c(onsularis), abréviation plutôt insolite, voir l'index dans E. Schallmayer, p. 11 et 808-813 ; B LEG = b(eneficiarius) leg(ati). La faute en revient peut-être au lapicide qui se trompa et essaya de transformer la formule B LEG en BNEC en changeant la lettre L en N. La formule beneficiarius co(n)s(ularis) était plus honorable que celle de beneficiarius leg(ati) (sous-entendu legati legionis), cf. J. Ott, Die Beneficiarier, Stuttgart, 1995, p. 30-32.
Le nom du dédicant, Staboratius, était jusqu'ici inconnu dans l'onomastique latine. Ce personnage a servi sans doute dans la Ière légion Italica, à Novae. Reçu dans le collège des Consacrani Iovianorum - second témoignage sur l'existence d'un collège religieux à Novae (cf. n° 34) - il a été dispensé de verser le droit d'entrée et la cotisation réglementaires (c'est le sens de l'immunitas signalée l.5) et a donc offert en contrepartie, la stèle de bonne taille commémorant son geste. On peut imaginer que cet ancien bénéficiaire, c'est-à-dire un personnage influent, avait mérité l'immunité par quelque service rendu au collège des Consacrani alors agité de discussions intérieures. De là l'appel à la Concorde, peut-être encouragé par le climat politique du règne de Septime Sévère, surtout dans la deuxième moitié de son règne, quand l'hostilité réciproque de ses fils, Caracalla et Géta, était notoire. Les Consacrani désignent les membres d'une association religieuse vénérant en commun une divinité ; le terme est connu par huit autres inscriptions : Mésie (2), Dalmatie (1), Germanie (1), Bretagne (1) et Aquitaine (3) adressés à Jupiter, Silvain, Magna Mater, Mithra, Sol, Mars et certaines divinités locales indigènes d'Aquitaine. Ici, il s'applique à un collège religieux précis, celui des Ioviani. Dans la première publication, on identifia la tête de Jupiter avec celle de Caracalla et par conséquence, on datait le monument des années 211-212. Correction faite dans Novaensia, 2, 1991, p. 43, et dans T. Mikocki.



Trismegistos ID: 190940

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URI:http://petrae.huma-num.fr/050300800003

Jerzy Kolendo et Violeta Božilova - 2015-02-06 20:23:50