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Dougga, 1541
(12/1/2/883) C[---] Numisia Marcellina, fille de V(ibius)

Site (nom antique): Thugga  Site (nom moderne) : Dougga.

Province romaine: Afr.

Localisation: Tunisie.

Support: Cippe.

Description et état du monument: Cippe qui, selon une hypothèse de N. Ferchiou, devait être inséré dans l’architecture d’un espace funéraire de forme quadrangulaire, construit à ciel ouvert, pour lequel le terme de mausolée serait impropre ; dans cet espace il occupait, à l'entrée, la tête du mur de gauche ; N. Ferchiou suppose avec vraisemblance que l'épitaphe de l'époux de Numisia devait être gravée sur un monument semblable formant à l'entrée, de façon symétrique, la tête du mur de droite, le poème funéraire ci-dessous indiquant la proximité des deux sépulturesþ; l'enclos renfermait d'autres tombes dont, éventuellement, celles de Labennia Faustina (MAD, 1567) et de Labennius Felico, fils d'Adiutor (MAD, 1566).

Lieu de découverte: Hr Ben Ismaïl (AAT, Téboursouk, 202).

Contexte local: Tombeau monumental.

Conditions de découverte: Inconnues. (avant 1915 ; cf. Ferchiou 1990, 217).

N° inventaire: TH 44.

Dimensions: 104/43/39.

Dimensions: 65,5/29,3. État de conservation: La moitié supérieure (l. 1-7) est fortement endommagée, surtout à gauche.

Datation du texte: 151/220.

Justificatif datation: Les seuls critères de datation sont fournis par le type de monument, le formulaire, le style de l'écriture, auxquels s'ajoute la filiation par le prénom ; ils conviendraient bien à la seconde moitié du IIe siècle ou aux premières décennies du IIIe siècle.

Écriture: Capitales allongées.

Style écriture: Haute qualité du dessin et de la gravure, très réguliers, avec une hauteur légèrement décroissante des lettres du haut en bas.

Mise en page: Retrait d'une ligne sur deux à gauche, justification irrégulière à droite.

Éd. Poinssot 1915, 162 (CIL, VIII, 27380 ; Ladjimi Sebaï 1990, 210, cf. AE, 1990, 1040).

Comm.: CLE, 1971, cf. ILTun, 1525 ; Ladjimi Sebaï 1990, 205-215 ; Ferchiou 1990, 217-221 ; Pikhaus 1994, 89, A115 ; MAD, 1541, planche 160.

Hauteur moy. interligne: 2 (l. 13/14 : 1).

H. l. 1 : 3,5. H. l. 2 : 2,5. H. l. 3/8 : 2. H. l. 9/14 : 1,8.

Texte :

ḌỊṢESTSACRATVSMANIḄṾṢ
ḤIC̣TVMVLVS
Q̣ṾỊṬẸGITOSSAPIAE
C̣[---]VFNVMISIAE
ṂẠṚCEḶḶ[ . . ]ẠEQVIṆṬỊ
[ . ]Ọ[--- . . .]ṚIS
[ . . ]ORVMQVOTSICSVNT
uac. CONIVNCTASEPVLCRA
ṬESTANTṾRQVAMCONCOR
DESEXEGERINTAEVOṂ
QVOSNECMORSPOTVIT
SEIVNGERELONGE
CRVDELISQVAESOLAPOTEST
DISIVGEREAMANTES

Ḍịṣ est sacratus Maniḅụṣ
ḥic̣ tumulus
q̣ụị ṭẹgit ossa piae
C̣[---] V(ibii) f(iliae) Numisiae
Ṃạṛceḷḷ[in]ạe Quiṇṭị
[ . ]Ọ[--- uxo]ṛis
[qu]orum quot sic sunt
coniuncta sepulcra
ṭestantụr quam concor-
des exegerint aeuoṃ
quos nec mors potuit
seiungere longe
crudelis quae sola potest
disiugere amantes

Type de texte: Epitaphe métrique

Traduction: A été consacré aux dieux Mânes cette tombe qui abrite les ossements de la pieuse C[---] Numisia Marcellina, fille de V(ibius), épouse de Quintus [---]. Comme on voit, leurs tombeaux sont réunis pour témoigner combien ils ont été unis vivants, eux que la mort n'a pu séparer longtemps, cette mort cruelle qui, seule, peut séparer ceux qui s'aiment..

Apparat critique: La l. 1 est précédée d'une ligne presque effacée, qui n'a pas été signalée jusqu'ici ; elle est d'ailleurs illisible, à une lettre près : la marge à droite du S final est ici de 9 cm, et il se pourrait bien que cette ligne soit formée des trois initiales de la formule habituelle, DMS, centrées, en quelque sorte doublon de la l. 1 ; dès lors, il est possible de la considérer comme appartenant à un texte antérieur, comme les lettres FO de la l. 4. Le premier nom de la défunte (l. 4) commence par C ou G, et il comprenait au plus 6 lettres ; comme la seconde lettre semble être un A, et la troisième un S, ce nom pourrait être Cassia ; la difficulté vient ici de la trace de deux lettres, sans doute FO, à gauche de la ligne ; elles sont gravées beaucoup plus légèrement que ce qui suit, et comme effacées ; ces deux lettres ne suivent pas le retrait à droite qui, dans la mise en page, doit marquer cette ligne ; en outre, un espace sépare O et C. Tous ces détails conduisent à croire que les lettres FO appartiennent à un premier texte, ou à un début de ligne gravé par erreur et poncé. Nous n'émettons pas sans hésitation cette hypothèse d'un remploi de la pierre, en raison de l'originalité du monument et de sa qualité. L. 5, dans la désignation de l'époux, le prénom était écrit en toutes lettres. L. 6, la seconde lettre est un O, précédé peut-être d'un R. Pour cette ligne, la restitution [La]b[ennii Adiuto]ris, proposée par L. Ladjimi Sebaï nous semble à exclure en raison du début de la ligne.

Remarques : “Mélange bizarre d'un pentamètre et demi, de trois hexamètres à cinq pieds et d'un hexamètre final correct” (D. Pikhaus). Numisia est un second gentilice de la défunte, rappelant sans doute une alliance familiale.

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URI:http://petrae.huma-num.fr/120100200883

Louis Maurin - 2016-06-16 10:57:40