Imprimer PDF

ILA, Bordeaux, 15
(16/1/9/15) Autel taurobolique

Site (nom antique): Burdigala  Site (nom moderne) : Bordeaux.

Province romaine: Aqu.

Localisation: France / Aquitaine / Gironde / Bordeaux.

Support: Autel.

Matériau: Calcaire.

Décor: Sur le plateau, entre les coussins latéraux, une vaste cuvette centrale, avec déversoir vers l'arrière. Corniche et socle moulurés (talon, filet) à leur jonction avec le dé. Décor en bas-relief sur les faces 1, 2, 4 du dé. Face 1 : tête de taureau parée de bandelettes ; face 2 : bonnet phrygien à droite, à gauche harpè pointe en haut ; face 4 : tête de bélier, très usée.

Lieu de découverte: Bordeaux.

Contexte local: Rempart gallo-romain.

Conditions de découverte: Palais de justice (place de la République), à l'emplacement du Fort du Hâ, lors des fouilles de 1840-1843 ; les blocs antiques exhumés avaient été extraits du rempart en 1454 pour la construction du fort (Jullian, IRB, 2, p. 282).

Lieu de conservation: Bordeaux.

Institution de conservation: MAB.

N° inventaire: 60.1.10.

Dimensions: [117]/67/38.

Description du champ épigraphique: Sur la partie supérieure de la face 1 du dé, au-dessus de la tête de taureau. Le plan de la gravure n'est pas vertical, mais incliné du haut de la face vers la guirlande du taureau. Dimensions: 68/48.H. marge sup.: 2,5.H. marge inf.: 53.H. marge g.: 8.H. marge d.: 1. État de conservation: Usure de la pierre.

Datation du texte: 151/300.

Justificatif datation: Entre l'apparition du culte de Cybèle en Gaule, vers le milieu du iie siècle, et le remploi dans le rempart du Bas-Empire.

Écriture: Capitale carrée.

Style écriture: Lettres légèrement allongées. À la fin de la l. 1, une haste recourbée, peu visible, sans doute la lettre S. Ligatures, l. 2 (LL), l. 3 (TA).

Éd. Dessin de Jouannet 1840, dépl. h.t. (p. 298-299) ; IRB, 1, p. 30-37, 10 ; CIL, XIII, 573 (ILS, 4157) ; ILA, Bordeaux, 15, photo.

Comm.: E 1071, photo ; Duthoy 1969, p. 49, 124 ; Valensi 1971, p. 129-130, 114, photo ; Étienne 1973, p. 69.

Texte :

ṆẠTALICIVIRIBṢ
ṾALER▴IV⁽LL⁾INA
ET▴IVLSANC⁽TA⁾

Ṇạtalici(i) uirib(u)ṣ,
Ṿaler(ia) Iu⁽ll⁾ina
et Iul(ia) Sanc⁽ta⁾

Type de texte: Dédicace votive

Traduction: Aux forces sexuelles qui ont fait renaître, Valeria Iullina et Iulia Sancta.

Apparat critique: Au milieu de la l. 3, le point séparatif (Jouannet, Jullian, Hirschfeld) ne se distingue plus aujourd'hui.

Remarques : Cet autel commémore un taurobole accompli par deux femmes. Le sacrifice faisait littéralement renaître le taurobolié, ce qu'exprime le mot natalicium (Turcan 1989, p. 58). Un autel de Metz commémore de même, en 199, ce natalicium d'une femme : [---]nia ara(m) t(auroboliatam) ob na[t]alicium [e]x iussu ref(iciendum) c(urauit), Anullino II et Fro(n)tone co(n)s(ulibus) (CIL, XIII, 11352). Décédée à Bordeaux, une femme est l'homonyme de la première dédicante (n° 311) ; peut-être ou sans doute s'agit-il de la même personne ; noter cependant que le cognomen Iullina est très fréquent en Narbonnaise et bien attesté dans les autres provinces gauloises, alors qu'il est fort rare ailleurs (Lõrincz 1999, p. 207) ; cette répartition a suggéré un phénomène d'assonance avec un anthroponyme local (Dondin-Payre 2001a, p. 291). La deuxième dédicante a une onomastique bien connu à Bordeaux : d'une part, son gentilice y est le plus fréquent, d'autre part, le cognomen Sancta, connu en latin (Kajanto 1965, p. 251) est surtout attesté en Gaule, de même que d'autres noms qui en sont dérivés (voir le gentilice patronymique Sanctia dans le n° 189), ce qui a permis de lui supposer une origine celtique, homophone du latin à partir de *santo, “désir” (Degavre 1998, p. 366), mais aussi comme nom de traduction à partir du celte sacro-. Le mari de la belle-soeur d'Ausone s'appelait Sanctus (Coskun & Zeidler 2003, p. 46-47).



Trismegistos ID: 476067

Epidoc XML

URI:http://petrae.huma-num.fr/160100900015

DOI:10.21412/petrae_160100900015

Louis Maurin et Milagros Navarro Caballero - 2016-02-06 18:27:22